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Bernard Genoud
agriculteur
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Le prix du blé doit aussi augmenter en Suisse !
16.08.2010
Au vu de la flambée des cours du blé sur le marché international, une hausse du prix en Suisse se justifie. Fortement sous pression depuis la fin juin en raison de prix mondiaux très bas, d’un cours de l’Euro faible et de la décision du DFE de réduire le droit de douane de la farine au 1er juillet 2010, le prix du blé indigène doit actuellement profiter de la hausse des cours mondiaux.
Les paramètres influençant le prix du blé panifiable en Suisse sont multiples. En principe, le prix indigène s’oriente sur le prix du blé importé. Pour que le blé suisse s’écoule normalement, son prix doit rester compétitif avec celui du blé importé de qualité comparable. A ce mécanisme relativement simple (prix du blé étranger, taux de change et droit de douane) s’ajoute évidemment la situation de l’offre et la demande sur le marché indigène. S’il y a trop, les prix sont sous pression. A contrario, si l’offre fait défaut, les prix seront soutenus. Cette année s’ajoute encore la décision du DFE d’abaisser le droit de douane de la farine au 1er juillet 2010 qui, par effet de domino, exerce une pression supplémentaire sur le prix du blé.Dans le contexte actuel, nous observons une très forte progression des prix sur le marché international, due notamment à la situation catastrophique en Russie. En effet, alors que les cotations à la Matif indiquaient des prix de l’ordre de 130 €/t à fin juin, les cours dépassent actuellement la barre des 200 €/t. En ce sens, le marché suisse doit bénéficier de cette hausse des cours, car elle compense désormais les effets négatifs d’un Euro faible. Par ailleurs, grâce aux déclassements lancés dès le début de la récolte par la FSPC, le marché suisse est équilibré. L’offre indigène, couvrant les besoins des transformateurs, ne peut donc pas peser sur la commercialisation. Jusqu’à la fin juillet, le marché suisse est resté fortement sous pression et n’a malheureusement que peu profité de cette hausse. Il est maintenant du devoir des organismes de commercialisation de concrétiser cette tendance haussière sur le marché suisse de manière à influencer positivement le prix moyen de la récolte 2010.
De manière générale, une augmentation des prix des céréales est indispensable si nous entendons stopper le recul des surfaces céréalières, sans pour autant engendrer une augmentation du prix pour le consommateur. En effet, il faut rappeler que le prix du blé n’a qu’une influence tout-à-fait marginale sur le prix du pain. En outre, la volatilité des cours n’est pas souhaitable, car elle engendre des pressions et spéculations inutiles au sein des filières. Une meilleure stabilité et des prix rémunérateurs seraient largement plus profitables. FSPC
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