Toute personne qui se promène dans son jardin et croque une pomme juteuse qu’elle a elle-même récoltée sait que le travail dans son havre de verdure porte ses fruits. Mais les passionné·e·s suisses de jardinage se heurtent souvent au problème suivant : les arbres et arbustes nouvellement plantés ne s’enracinent pas correctement, subissent des dégâts en hiver ou refusent tout simplement de produire des fruits. La cause remonte généralement loin dans le passé, plus précisément au jour de la plantation. Lorsque vous plantez des pommiers dans votre jardin, vous posez les bases pour les décennies à venir. Pour que le jeune arbre s’épanouisse en bonne santé, il est essentiel d’utiliser la bonne technique.
En Suisse, la période idéale pour planter des arbres à pépins se situe à la fin de l’automne, d’octobre jusqu’aux premières gelées de novembre. À cette période, le sol du Plateau suisse est encore réchauffé par le soleil estival, tout en conservant un taux d’humidité suffisant. Cela permet à l’arbre de former de nouvelles racines fines avant l’arrivée de l’hiver. En plantant des pommiers à l’automne, on leur assure une longueur d’avance en termes de croissance et de développement au printemps suivant. Une plantation au printemps est certes possible jusqu’en avril, mais elle nécessite un arrosage bien plus intensif l’été suivant.
Les pommiers aiment le soleil. Choisissez donc un emplacement en plein soleil ou à mi-ombre dans votre jardin. Le sol doit être profond, riche en nutriments et bien drainé. Les sols argileux lourds ont tendance à s’engorger pendant l’hiver suisse, ce qui étouffe les racines. À l’inverse, les sols trop sableux ne retiennent ni l’eau ni les nutriments de manière optimale. Lors du choix de l’emplacement, veillez également à respecter les distances légales par rapport aux propriétés voisines, qui sont régies par les lois cantonales sur la construction.
Où il y a un pommier, il y en a souvent un autre. La plupart des variétés sont autostériles et ont besoin d’un arbre pollinisateur à proximité, c’est-à-dire d’une autre variété de pommier qui fleurit en même temps. Dans les quartiers résidentiels suisses densément peuplés, on trouve généralement quelque part un arbre adapté ou un pommier d’ornement qui remplit cette fonction. Si vous disposez de peu d’espace ou si aucun arbre voisin ne convient, vous pouvez opter pour des variétés autofertiles ou envisager un pommier en pot. Les pommiers nains et colonnaires sont parfaits pour les petits espaces.
Avant de commencer les travaux, veillez à préparer tout le matériel nécessaire. Une organisation bien planifiée évite que les racines fragiles ne se dessèchent au vent pendant les travaux.
Pour ce projet, vous aurez besoin des outils suivants :
Dans le commerce, on distingue les arbres à racines nues et les arbres en pot. Les arbres à racines nues n’ont pas de terre autour des racines et doivent être plantés immédiatement après l’achat. Ils sont généralement moins chers et s’acclimatent très bien en automne. Les arbres en conteneur, c’est-à-dire ceux livrés directement dans un pot en plastique, possèdent une motte bien compacte. Ils sont plus robustes et permettent de planter des pommiers presque toute l’année, tant que le sol n’est pas gelé.
Quelle que soit la variante que vous ayez choisie, l’arbre doit s’imprégner abondamment d’eau avant la plantation. Plongez la motte ou les racines nues dans un grand bac rempli d’eau pendant au moins une à deux heures. La motte est parfaitement préparée lorsqu’aucune bulle d’air ne remonte plus en surface.
Pour les arbres à racines nues, on raccourcit les racines principales d’environ un tiers à l’aide d’un sécateur bien aiguisé. Les parties de racines abîmées ou écrasées sont coupées jusqu’au bois sain. Cela stimule la formation de nouvelles racines capillaires fines. Pour les arbres en pot, il suffit souvent de défaire légèrement avec les doigts le feutre dense sur les côtés extérieurs de la motte afin que les racines puissent trouver leur chemin vers le nouveau terreau.
Le trou de plantation doit offrir à l’arbre suffisamment d’espace pour démarrer. En règle générale, creusez un trou au moins deux fois plus large et deux fois plus profond que la motte. Si vous souhaitez planter des pommiers, vous devez également ameublir en profondeur le fond du trou à l’aide d’une fourche à bêcher afin que l’eau puisse bien s’écouler par la suite.
Mélangez la terre excavée avec du compost mûr ou du terreau de plantation de qualité en sac. Cela enrichit le sol naturel et apporte à l’arbre les nutriments essentiels pour les premières semaines. À ce stade, évitez complètement les engrais minéraux chimiques, car ceux-ci risqueraient de brûler les pointes délicates des racines.
Dans de nombreux jardins suisses, les campagnols constituent un véritable fléau. Ils adorent ronger l’écorce des racines des jeunes arbres fruitiers. Placez donc une cage anti-campagnols préfabriquée en fil de fer galvanisé dans le trou de plantation. La cage doit être suffisamment grande pour que les racines y trouvent entièrement leur place et doit dépasser légèrement du sol.
Avant de placer l’arbre dans le trou, enfoncez le tuteur. Celui-ci doit être placé du côté ouest du tronc, car en Suisse, le vent souffle généralement de cette direction. Ainsi, le jeune arbre est repoussé par le tuteur et son écorce ne frotte pas contre celui-ci. Alignez le tuteur à la verticale et enfoncez-le fermement dans le sol intact.
Placez maintenant l’arbre dans le trou de manière à ce que le point de greffe – le renflement net à la base du tronc – se trouve à au moins dix centimètres au-dessus de la future surface du sol. Si vous plantez des pommiers et que vous les mettez trop profondément en terre, la variété greffée peut former ses propres racines, ce qui fera pousser l’arbre de manière incontrôlée en hauteur et l’empêchera de produire des fruits.
Tournez l’arbre de manière à ce que sa couronne présente un aspect harmonieux et que les branches les plus robustes occupent l’espace de manière optimale. Le tronc doit se trouver à une distance d’environ un à deux décimètres du tuteur.
Remplissez maintenant progressivement le trou avec le mélange de terre préparé. Secouez légèrement l’arbre par les branches à plusieurs reprises afin que la terre fine s’infiltre dans tous les interstices entre les racines. Vous éviterez ainsi la formation de poches d’air dangereuses dans lesquelles les racines pourraient se dessécher.
Une fois le trou de plantation entièrement rempli, tassez délicatement la terre autour du tronc avec vos pieds. Procédez avec précaution et utilisez votre poids corporel à bon escient afin de ne pas endommager les racines enfouies, tout en assurant un bon contact avec le sol.
Une fois la terre tassée, vient l’étape appelée « arrosage de plombage ». Arrosez abondamment l’arbre fraîchement planté : comptez au minimum deux à trois grands arrosoirs. L’eau permet à la terre de bien se tasser autour des racines. C’est la seule façon pour que celles-ci puissent immédiatement absorber l’humidité et les nutriments.
Avec la terre restante, formez un talus d’environ dix centimètres de haut tout autour du bord extérieur du trou de plantation. Lors des arrosages ultérieurs, ce talus d’arrosage garantit que l’eau ne s’écoule pas en surface, mais s’infiltre de manière ciblée vers le bas.
Attachez maintenant solidement le tronc de l’arbre au tuteur en bois. La ficelle est enroulée en forme de huit autour du tuteur et du tronc. Cela empêche l’arbre de heurter le bois en cas de tempête, tout en lui laissant suffisamment de jeu pour bouger légèrement, ce qui renforce le tronc.
Pour l’attache, utilisez une corde en fibre de coco large ou des sangles élastiques pour arbres disponibles dans les magasins spécialisés. Ces matériaux ne frottent pas et ne s’incisent pas dans l’écorce au fil des années. Après quelques années, lorsque l’arbre est solidement enraciné, la corde peut être retirée.
La taille de plantation est l’étape la plus importante pour réussir la plantation de pommiers. L’arbre ayant perdu des racines lors de son déterrage à la pépinière, il faut réduire la masse de la couronne en conséquence afin que le jeune système racinaire puisse subvenir aux besoins des feuilles. De plus, cette taille détermine la forme que prendra l’arbre à l’avenir.
Choisissez la pousse centrale qui pousse tout droit vers le haut et trois à quatre pousses latérales vigoureuses et régulièrement réparties comme « pousses principales ». Toutes les autres pousses concurrentes sont coupées directement au niveau du tronc. Raccourcissez les pousses principales d’environ un tiers, juste au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur. La pousse centrale est raccourcie de manière à dépasser les pousses latérales d’environ une largeur de main.
Au cours des premières semaines suivant la plantation, l’arbre a besoin d’être arrosé régulièrement. Par temps sec, il vaut mieux arroser abondamment une fois par semaine avec plusieurs litres d’eau plutôt que d’arroser légèrement et superficiellement tous les jours. Cela vaut d’autant plus si vous entretenez un pommier exigeant en pot, car la terre dans le pot s’assèche nettement plus vite sous la chaleur estivale que dans le sol du jardin.
L’écorce des jeunes arbres est menacée pendant l’hiver suisse. Lorsque le soleil d’hiver réchauffe le tronc pendant la journée et que la température baisse fortement la nuit, des fissures dues au gel apparaissent facilement dans le bois. Une peinture blanche sur le tronc réfléchit la lumière et empêche ces tensions. Les manchons protègent en outre contre les dégâts causés par les animaux sauvages.
Étalez une fine couche de paillis d’écorce ou d’herbe coupée autour du pied de l’arbre. Cela permet de maintenir le sol humide et d’empêcher la croissance du gazon et des mauvaises herbes, qui priveraient le jeune arbre de ses nutriments. Veillez toutefois à laisser un espace libre juste au niveau du tronc afin d’éviter la pourriture.
Si le point de greffe se trouve sous terre, la croissance s’arrête. Veillez scrupuleusement à respecter la bonne hauteur lors de la plantation afin d’éviter cette erreur classique dans les jardins privés.
Pour réussir la plantation de pommiers, il faut faire preuve de modération en matière d’engrais la première année. Un engrais chimique bien intentionné appliqué juste après la plantation fait plus de mal que de bien. Les sels qu’il contient endommagent les fines racines capillaires. La première année, misez exclusivement sur les bienfaits d’un compost mûr.
Un pommier en pot est la solution idéale pour les terrasses et les balcons. Choisissez pour cela des variétés spéciales à croissance lente, telles que les pommiers colonnaires ou les pommiers nains. Le pot doit avoir une contenance d’au moins trente à quarante litres et être muni de trous de drainage pour éviter l’humidité stagnante. Utilisez un terreau de qualité pour plantes en pot et veillez à apporter régulièrement des nutriments au printemps. Une bonne protection hivernale du pot empêche le volume racinaire limité de geler complètement.
Planter son propre arbre fruitier est un projet merveilleux qui, s’il est mené à bien, apportera de la joie et des fruits savoureux pendant de nombreuses décennies. Si vous procédez étape par étape et évitez les erreurs telles qu’une plantation trop profonde, rien ne s’opposera bientôt à votre première grande récolte. Dans les magasins LANDI de votre région, vous trouverez les outils adaptés, des grilles anti-campagnols, du compost de qualité et un large choix d’arbres fruitiers vigoureux. Lisez également notre article sur comment tailler un pommier.
En Suisse, le meilleur moment pour planter de nouveaux pommiers se situe à la fin de l’automne, d’octobre à novembre, car cela permet à l’arbre de s’enraciner de manière optimale avant l’hiver. Pour un pommier en pot, choisissez un pot d’au moins quarante centimètres de diamètre afin que les racines puissent s’y développer correctement. Oui, la taille dite de plantation est notamment indispensable pour rétablir l’équilibre entre la masse racinaire réduite et la couronne, mais aussi pour stimuler une croissance saine.FAQ - Foire aux questions sur le thème « planter des pommiers »
Quand faut-il effectuer ces travaux de jardinage ?
De combien d’espace l’arbre a-t-il besoin sur le balcon ?
Faut-il tailler chaque pommier immédiatement après la plantation ?