
Quiconque est l’heureux propriétaire d’une ancienne maison à colombages ou d’un appartement dans un immeuble ancien en Suisse connaît bien cette envie d’agir. Il faut moderniser la salle de bains ou refaire le revêtement du plafond. Motivé, on se saisit d’un marteau perforateur et d’un burin pour enlever les anciens carrelages. Mais dans la poussière soulevée se cache souvent un danger invisible datant des décennies passées. Avant d’entreprendre des travaux dans un bâtiment ancien, il faut savoir reconnaître l’amiante afin de ne pas mettre sa santé en danger par imprudence. Ce matériau insidieux a été utilisé pendant des décennies et est souvent libéré à l’insu des personnes lors des travaux de rénovation.

Le danger de l’amiante réside dans sa structure fine. Lorsque le matériau est endommagé, scié ou percé, des fibres microscopiques sont libérées. Ces fibres se divisent de plus en plus dans l’air et peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Une fois inhalées, elles restent à vie dans le tissu pulmonaire et peuvent provoquer des maladies graves telles que l’asbestose ou le cancer du poumon. En éliminant ce danger et en sachant reconnaître l’amiante à temps, on protège sa santé à long terme. Souvent, les conséquences sur la santé n’apparaissent que plusieurs décennies après l’exposition, c’est pourquoi une protection maximale au travail doit être la priorité absolue pour tout bricoleur.
L’amiante est un terme générique désignant différentes fibres minérales silicatées présentes à l’état naturel. À l’état brut, la roche est extraite puis décomposée en fines fibres par un procédé mécanique. Au quotidien, il est extrêmement difficile de reconnaître les fibres minérales pures sous leur forme transformée comme étant de l’amiante.
En raison de ses propriétés techniques exceptionnelles, l’amiante a été considéré pendant des décennies comme le matériau miracle du secteur du bâtiment. Il est extrêmement résistant à la chaleur, ignifuge, chimiquement stable et possède une résistance à la traction exceptionnelle. De plus, il se mélangeait parfaitement au ciment ou aux plastiques et était très bon marché à produire.
Dans le domaine des matériaux de construction, on distingue généralement les produits à liant fort et ceux à liant faible, ces derniers étant souvent qualifiés de «difficilement friables» dans le langage courant. L’amiante à liant fort, tel qu’on le trouve dans les panneaux rigides, ne libère pas de fibres à l’état de repos. Il ne devient dangereux qu’en cas de traitement mécanique. Les matériaux à liant faible, en revanche, libèrent des fibres dangereuses dès les moindres vibrations ou sous l’effet du vieillissement.
En Suisse, l’interdiction totale de l’amiante a été promulguée en 1990. Cependant, des délais de transition ont été prévus, et les stocks existants ont souvent été utilisés sur les chantiers suisses jusqu’en 1993. Pour les bâtiments datant de cette époque, il convient d’identifier la présence potentielle d’amiante avant toute rénovation et d’agir avec la plus grande prudence.
Même si un immeuble d’habitation a été construit après 1993, cela n’offre aucune garantie absolue. Lors de rénovations ou de réparations ultérieures, des résidus d’anciennes colles ou de mastics pourraient avoir été utilisés. De plus, certains bâtiments ont été érigés sur des fondations plus anciennes qui contiennent encore des matériaux de construction contaminés.

À l’extérieur des bâtiments, ce matériau se retrouve particulièrement souvent dans les plaques ondulées rigides ou les revêtements de façade. Tant que ces plaques restent intactes et fixées au bâtiment, il n’y a pas de danger immédiat pour l’environnement.
Dans les intérieurs des immeubles anciens, les dangers se cachent souvent de manière insoupçonnée sous nos pieds. Parmi ceux-ci, on trouve:
Lors du lissage des murs, ce matériau était très souvent utilisé comme liant dans les enduits et les mastics. Les panneaux légers de protection contre l’incendie situés derrière les poêles ou dans les structures de plafond contiennent également ces fibres.
Les anciennes canalisations d’eaux usées ou de chauffage étaient régulièrement isolées avec du ciment contenant de l’amiante. Les cordons d’étanchéité tressés des anciennes portes de poêles sont eux aussi presque toujours constitués de ce matériau dangereux.
L’amiante pur présente généralement une couleur grise, blanchâtre ou verdâtre et une structure fibreuse. Cependant, comme il a été finement broyé et mélangé à des enduits ou des colles, il perd complètement ces caractéristiques visuelles dans le produit fini.
Certains bricoleurs tentent de tester le matériau en le cassant délibérément afin d’en observer la structure interne. Ne le faites jamais sans protection respiratoire professionnelle. En le cassant, vous libérez instantanément des millions de fibres invisibles dans l’air ambiant.
Comme les fibres individuelles sont microscopiques et souvent profondément incrustées dans le mortier, il est pratiquement impossible de détecter l’amiante à l’œil nu au quotidien. Même les professionnels du bâtiment expérimentés ne peuvent pas se prononcer de manière fiable sans outils techniques. Seul un test d’amiante qualifié en Suisse, consistant en l’analyse professionnelle d’un petit échantillon de matériau, apporte une certitude absolue.
Si vous souhaitez prélever un échantillon destiné au laboratoire, vous devez respecter des mesures de sécurité strictes. Humidifiez soigneusement la zone concernée avec de l’eau afin d’éviter la dispersion de poussière. Portez un masque de protection respiratoire FFP3 et prélevez avec précaution un petit échantillon. Placez immédiatement l’échantillon dans deux sachets en plastique emboîtés l’un dans l’autre et fermez-les hermétiquement. En Suisse, les analyses officielles d’amiante sont effectuées par des laboratoires spécialisés, auxquels vous pouvez envoyer le colis. Avant de lancer un nouveau projet d’assainissement, les spécialistes souhaitent détecter la présence éventuelle d’amiante à l’aide de tels échantillons.
Le laboratoire vous envoie un rapport détaillé au bout de quelques jours. Un résultat positif indique précisément quel type d’amiante a été détecté et quel est son pourcentage dans le matériau.
Si vous tombez sur un matériau suspect pendant les travaux, vous devez immédiatement interrompre les travaux. Fermez toutes les fenêtres et portes donnant sur la pièce afin d’empêcher la poussière de se propager dans d’autres pièces de l’habitation.
Lorsque des bricoleurs identifient des fibres suspectes comme étant de l’amiante, il convient d’agir immédiatement selon ces principes:
La Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail et la Suva réglementent strictement ces questions. Les matériaux faiblement liés ne doivent en aucun cas être retirés par des non-spécialistes. En Suisse, les bricoleurs ne sont autorisés à démonter eux-mêmes que des produits solidement fixés à l’extérieur, tels que de petites plaques d’Eternit, en respectant des mesures de protection strictes.
Lors du choix de l’entreprise, veillez à ce qu’elle soit officiellement agréée par la Suva pour les désamiantages. Les entreprises sérieuses certifient leurs collaborateurs en conséquence et établissent au préalable un plan d’élimination clair.
La simple analyse en laboratoire d’un échantillon de matériau coûte généralement entre 60 et 120 francs. Un désamiantage professionnel réalisé par une entreprise spécialisée peut coûter plusieurs milliers de francs, selon la taille de la pièce et le type de matériau.
Toute personne effectuant des travaux autorisés ou prélevant des échantillons doit disposer de l’équipement adapté. Un simple masque d’hygiène ne suffit pas. Il est obligatoire de porter un masque FFP3 bien ajusté, une combinaison de protection jetable de catégorie 5/6 ainsi que des gants de protection résistants. En apprenant à reconnaître les signes et à identifier les dangers tels que l’amiante, vous travaillerez de manière nettement plus sûre chez vous.
N’utilisez jamais d’outils à grande vitesse, tels que des tronçonneuses ou des perceuses, sans système d’aspiration. Privilégiez plutôt les outils manuels et limitez la formation de poussière en humidifiant continuellement la zone de travail avec de l’eau.
Les matériaux contaminés ne doivent en aucun cas être jetés avec les ordures ménagères normales ou dans une benne à gravats. Emballez les déchets dans des sacs spécialement étiquetés et déposez les déchets dangereux dans un centre de collecte cantonal officiel.
Lors de la rénovation de bâtiments anciens, le plus important reste de détecter l’amiante à temps afin d’éviter des dommages à long terme pour la santé. Avec les connaissances nécessaires, l’équipement de protection adapté et le respect de la fibre, de nombreux projets de rénovation dans des bâtiments anciens peuvent être planifiés en toute sécurité. Vous trouverez dans l’assortiment des magasins LANDI des masques de protection respiratoire de haute qualité de classe FFP3, des combinaisons de protection ainsi que des sacs de collecte résistants à la déchirure pour votre sécurité.
Ce n’est que pour les bâtiments construits après 1993 que l’on peut considérer, dans une large mesure, qu’aucun matériau contenant de l’amiante n’a été utilisé.
En Suisse, l’analyse d’un échantillon de matériau dans un laboratoire spécialisé coûte généralement entre 60 et 120 francs.
Non, le décapage des colles à carrelage libère d’énormes quantités de poussières fines dangereuses. Ces travaux doivent impérativement être effectués par une entreprise de désamiantage certifiée.